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Journal de bord : En Chantier : L'ATELIER VOLANT de VALERE NOVARINA
Posté par ciepersona le 3/2/2009 17:11:26 (383 lectures)

Persona démarre un nouveau chantier … L’ATELIER VOLANT de Valère Novarina

 

 

Nous mettons en chantier L’Atelier volant, pièce écrite par Valère Novarina entre 1968 et 1970 qui met en jeu le monde et nous, l’usine du dehors et l’usine du dedans. Elle propose de s’aventurer dans un théâtre non aristotélicien. Nous tenterons de faire entendre la catastrophe rythmique. Merci à Valère Novarina pour son soutien et l’attention prêtée à notre modeste aventure de théâtre…

 

 

 

Un poème dramatique sur l’usine du monde

Cette joyeuse fable politique met en scène le drame de la parole. L’Atelier volant raconte le jeu des langages et des discours dans la société de consommation d’après 1968. Enjeu de la lutte pour le pouvoir, la conquête des langages corrompt la société et les corps des acteurs…

 

 

 

De la lutte des classes à l’usine du dedans…

L’usine du monde – vue à travers le prisme de la contestation 1968 – montre les maladies du corps social et démonte les mécanismes d’oppression ou d’exclusion. Critique radicale du discours de la consommation et des mécanismes langagiers qui installent l’exploitation et la répression. A travers le grand cirque mis en place par l’infernal couple Boucot, L’Atelier volant raconte les aliénations en société et celles qui jouent dans le corps de chacun.

 

Mais sous le jeu – sous les pavés – la pièce nous entraîne dans une dangereuse descente dans l’usine du dedans… L’acteur montre ses maladies à la troupe des spectateurs bien-portants. Il vient naître et mourir sur le plateau du théâtre, étrange victime de la folie du verbe et de ses possessions. Farce sociale autant que politique, fable métaphysique, L’Atelier volant appelle le jeu d’acteur, l’adresse au spectateur et nous sollicite pour un vertigineux voyage.

 

 

 

Une troupe acrobatique de 9 verbigérateurs !

 

Nous réunissons une troupe d’acrobates du verbe, mutiques et vélociparlistes. Sur le stade d’action, il s’agit non de représenter mais de se dépenser, sans compter. Jeu d’acteur et travail sur la présence, le spectacle promène les langues ambulatoires sur la piste et jusque dans les corps des spectateurs.

 

Scénographie et Lumière favorisent ce voyage dans la matière en préparant les espaces où ça va danser. Espace et parole sont indissociables dans le théâtre proposé par Valère Novarina. « La parole opère l’espace »…

Expérience sensorielle dans laquelle le burlesque, l’économie politique et la métaphysique s’entrechoquent joyeusement, cet Atelier volant est une périlleuse navigation dans le drame de la parole et représente la catastrophe rythmique qu’est le monde.

 

 

 

Avec la Lettre aux acteurs accompagnant L’Atelier volant, nous poursuivrons la navigation dans le théâtre utopique de Valère Novarina, agitant ce texte comme un fanal dans le passage vers la nuit :

 

 

« Cet atelier volant vole bas, faut l’dire… Parce que ce n’était pas seulement un raccourci perspicace sur l’usine du monde, mais une descente aussi et en même temps dans l’usine dedans. Ca n’est pas vraiment vu de l’extérieur tout ça, pour la bonne raison que celui qui tenait l’crayon n’avait jamais mis les pieds dans aucune fabrique, et qu’il n’y a pas de visite à faire pour trouver d’l’oppression, mais simplement vouloir bien descendre un peu dans son corps. Courage ! Bon. Et puis, L’Atelier volant il démonte un peu la mécanique sociale, mais il montre surtout ses maladies. Maladies de l’acteur. Défilons, montrons nos culs à la bête troupe des bien-portants ! « J’leur montre comme je meurs »

 

extrait de La Lettre aux acteurs.

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Journal de bord : Quelques phrases du débat du samedi 5 avril 2008
Posté par jmbailleux le 9/4/2008 22:06:28 (299 lectures)

Quelques phrases du débat du samedi 5 avril 2008

« J’adore l’étrange, l’étranger ; Il peut se passer des échanges, vraiment… »
Laurent Fréchuret (Metteur en scène, CDN de Sartrouville, France)

« Réunir les spectateurs étrangers que la France abritent en son sein. »
Thierry Auzer (Théâtre des Asphodèles, Lyon, France)

« Un théâtre sans acteur, ce n’est pas possible. (…) Sans language, c’est aussi impossible. »
Ivano Marchi (Centre Culturel Italien de Lyon, France)

Une maison avec au premier étage « la culture humaine »
Beno Mazzone (Teatro libero, Palerme, Italie)

“J’écris tout en français mais je reste italien. Pourquoi prendre une autre nationalité quand je n’arrive pas à retrouver la mienne ?”
Andréa Genovese, (Ecrivain, journaliste, Italie)

« Un théâtre européen avec une espèce de Babylone des langues ? »
Ivano Marchi (Centre Culturel Italien de Lyon, France)

« Le limès : le mur qui séparait l’Empire, des barbares… »
Fernand Garnier (CREARC, Grenoble)

« Les français ne se sont pas encore saisi de cette institution qu’est l’Europe… »
Audrey Soria (Europe Direct)

« Nous avons deux propositions pour de futures rencontres : avoir des traducteurs… Créer un spectacle entre nous acteurs de la rencontre Europe & Cies… »
Anna Olejnik, (Comédienne, Pologne)

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Journal de bord : Feuilleton épilogue « Europe et Cie » (6)
Posté par jmbailleux le 5/4/2008 19:51:48 (1749 lectures)

Feuilleton épilogue « Europe et Cie » (6)

Extrait de « Idiocratie » de Jean-Marc Bailleux,
janvier 2008 Création Théâtre d’Ouble
Je ne souhaite pas ce discours réaliste.
Néanmoins imaginez vous ce qui peut nous arriver, si un chef d’Etat, présidant l’Europe, remplacerait le terme « Idiocrate » par « Européen »

SOLUTIONS FINALES

(A.T.A. 1 et A.T.A. 2 se mettent en situation de discours.)

A.T.A. 1 : En tant que A.T.A.1 et A.T.A.2 -Idiocrate dominant- nous irons vivre en nouvelle planète ATA : Accès à la Terre Ammoniacal. Vous les A.T.A.K, les Idiocrates esclaves, devrez rester sur la sphère terrienne complètement trouée, complètement saturée en Co2.
A.T.A. 2 : Finie l’écologie dans la douleur.

A.T.A. 1 : En planète A.T.A.K., tout Idiocrate mettra bas 10 enfants d'un coup, avec clonage Q.I. /V.I.P./ O.G.M.
A.T.A. 2 : Fini l'accouchement dans la douleur...

A.T.A. 1 : Tout Idiocrate A.T.A.K. vivra jusqu'au seuil de 220 ans obligatoires de cotisation.
A.T.A. 2 : Fini les vieux dans la douleur...

A.T.A. 1 : Tout Idiocrate tuera lui-même ses parents en débranchant l'électrocardiogramme 220.
A.T.A. 2 : Fini l'Oedipe dans la douleur...

A.T.A. 1 : Tout Idiocrate n'aura plus de maison. Il se reposera dans une station-hôtel virtuelle pour perdre toute nostalgie du con qui est né quelque part.
A.T.A. 2 : Fini le crédit immobilier dans la douleur...

A.T.A. 1 : Tout Idiocrate perdra sa Culture. Il sera ainsi plus résistant, plus guerrier et beaucoup moins scolaire.
A.T.A. 2 : Fini l’éducation nationale dans la douleur...

A.T.A. 1 : Tout Idiocrate restera connectable et connecté à toute information inutile mais rentable.
A.T.A. 2 : Fini la solitude dans la douleur...

A.T.A. 1 : Tout Idiocrate n'aura plus à se préoccuper de la Nature puisque qu’elle est morte. (Regardant son sexe, ahuri.) Nature morte !
A.T.A. 2 : Fini la sexualité dans la douleur...


A.T.A. 1 : Tout Idiocrate aura une maîtrise parfaite des objets et de la matière, avec carte mémoire greffée sous sa peau.
A.T.A. 2 : Fini les modes d'emploi dans la douleur...
SMALL IS BEAUTIFUL

A.T.A. 1 : Tout Idiocrate aura les catastrophes virtuelles qu'il mérite.
A.T.A. 2 : Fini les assurances tout risque dans la douleur...

A.T.A. 1 : Tout Idiocrate ne sera plus concerné par la politique. L’ Idiocrate ne fait pas de politique.
A.T.A. 2 : Fini les résultats des élections dans la douleur...

A.T.A. 1 : Tout Idiocrate sera protégé, sécurisé et surveillés par des professionnels de la protection, de la sécurité et de la surveillance...
A.T.A. 2 : Fini la violence dans la douleur...

A.T.A. 1 : Tout Idiocrate ne s’inquiètera plus de rien !
Saches, Idiocrato/ Idiocrata, que si tu penses à court terme, l’A.T.A.1 et A.T.A.2 pensent pour toi à long terme.
A.T.A. 2 : Fini l’avenir dans la douleur...

A.T.A. 1 : Si tu te crois perdant, je te ferai vainqueur. Rien à prédire, rien à penser.
Au royaume du toujours plus fort, du toujours plus riche, du toujours plus jeune …
A.T.A. 2 : Du toujours-toujours-toujours !

A.T.A. 1 : Rappelle-toi ce temps révolu – nous en rions encore - de l'atome, de la pénicilline, de la pilule, de l'Internet... Te doutais-tu que nous (les individus, les classes sociales, les partis politiques, les nations unies, les sectes, les religions, les puissances économiques…), nous utilisons notre cerveau à seule fin de dominer l’autre.
Aujourd’hui idiocrate, tu l’as enfin accepter. Alors, tais-toi ! Et tu deviens enfin libre…

A.T.A.1 allume la bombe que tient un spectateur.
A.T.A. 1 et A.T.A. 2 : (En sortant par la salle, décompte de 9 à 1 en plusieurs langues.)
Small is beautiful !!!

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Journal de bord : Le théâtre avait vaincu l’univers marchand.
Posté par jmbailleux le 4/4/2008 19:20:41 (696 lectures)

Feuilleton « Europe et Cie » (5)

Le théâtre avait vaincu l’univers marchand.

L’oracle s’avança en avant-scène et renifla le couple despote avec insolence.
Le personnage portait un masque écarquillé de chef.
L’actrice Paola Tartarolli (maître en commedia dell’arte) sortit un papier parchemin de sa poche intérieure et lut avec déférence le discours, droit dans les yeux du futur couple despote :

« Mes chers Europarkés !

Hormis le tête d’assassin que vous avez de père en fils, vous voici ! Vous, les prochains responsables du chaos qui allez régner sur notre vieux continent.
Nos amis de toujours, les USA, la Russie, la Chine et quelques autres puissances en expansion ont délocalisé leurs entreprises polluantes qui font de nos multiples peuples des pantins faussement prospères.

Ces entreprises internationales se sont installées chez nous, pour la simple raison qu’elles sont polluantes et déstructurantes socialement. Elles apparaissent, disparaissent, délocalisent, embauchent, licencient à tour de bras.
Ces sociétés toujours anonymes ne se soucient guère des bouleversements naturels, des séismes ravageurs, des Cultures locales, des vagues d’immigrations provoquées ou réprimées et autres conflits ethniques et religieux qu’elles provoquent.

Les conséquences humaines de nos co-continentaux sont devenues désastreuses : paupérisation des esprits et avachissements des corps ; taux de mortalité et de suicide en explosion ; usage des stupéfiants et de l’alcool chez les très jeunes ; plus de mariages, plus de naissances ; individualisme, délinquance et criminalité...
L’Europark n’est plus composé de ces Nations si attachées à leurs Culture originale mais de ces zones spécialisées en production et consommation de masse.

Une guerre civile s’est déclenchée entre les riches et les pauvres de notre continent, entre le Nord et le Sud, entre l'Ouest et l’est.
Des ghettos sont désormais clairement définis entre les zones de travail dévastées et les quartiers du Capital riches et opulents.
On se demande si les pauvres (qui désormais travaillent tous) ne prennent pas un malin plaisir à polluer la planète pour décimer les riches (qui jusqu’alors savaient se protéger des méfaits toxiques de la mondialisation.)
Les opprimés n’ont vraiment plus rien à perdre et prônent aussi une Révolution Terreur, non plus collective mais individuelle où il s’agirait de tuer au coup par coup celui qui l’écrase. »

Le futur roi : Assez ! Hamlet ! Faites taire cette comédienne accoutrée comme moi.


La reine : Hamlet, mon fils chéri ! Hamlet ! Quel est l’auteur de ce texte quelque peu rebelle ?

Hamlet : Il est écrit de ma main, maman. Je ne supporte plus cette vision phallique ou verticale de votre Empire !
Vous êtes à vous deux, la cause de ce désastre humain en Europark. Vos têtes doivent sauter. Non point parce que vous représentez la tête des conseils d’administration de ces multinationales mais parce que vous avez triché au départ, en ne transmettant pas l’héritage de mon père.
De cette épée, certes un peu théâtrale, je m’en vais vous transpercer la panse, bande de vieux rats lubriques ! »

Il s’exécuta. Le sang gicla sur la vitrine d’un salon d’esthétique, spécial lifting.
Applaudissement général dans le grand hall de la galerie marchande de Plouganiac en Jarret. Les spectateurs avaient lâché leur caddy bouche bée.

Etrangement, tous les badauds du samedi après-midi étaient interloqués par cet « Hamlet » au royaume d’Europark, revisité par notre « Europe & Compagnie » parce qu’il leur parlait d’eux.

Le théâtre avait-il vaincu l’univers marchand, le temps d’une scène ?

J-M B




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Journal de bord : Abolir les frontières de la création ?
Posté par jmbailleux le 4/4/2008 17:50:16 (673 lectures)

Chronique du Jour 5
4 avril 2008

Abolir les frontières de la création ?

Voilà l’orée du débat sur le théâtre en Europe et je me questionne sur le « comment faire du théâtre avec des partenaires européens ? ».

En tant que simple auteur, pour les deux prochaines années, je pars à l’initiative de deux projets transfrontaliers.
J’écris :
- « La planète à la triste figure », un Don Quichotte dans notre monde contemporain qui aura la particularité de s’adresser dans un but pédagogique en espagnol et en français avec pour culture livresque l’Internet…
- « Hôtel de l’Europe » un polar qui réunit 11 spécialistes des différents bloc de la CEE en 2030. Ils doivent résoudre une grave crise autour d’une Prix Nobel qui finit par se faire enlever tel un mythe fameux …

Pour le réaliser, voici les questions existentielles que je me pose :
Doit-on inventer de nouvelles formes de travail pour travailler en Europe ?
Comment trouver l’argent de la Culture de l’Europe ?
Comment lutter contre les inégalités culturelles dans les différents pays de la CEE ?
Comment conjuguer économies du spectacle et création ?
Comment combattre, contourner, apprivoiser les obstacles des Cultures, des langues, des politiques des Villes ou des Nations ?
Comment établir un réseau entre compagnies et théâtre d’Europe ?
Où sont les volontés réelles des artistes du spectacle vivant et quelles sont-elles ?
Comment favoriser ces rencontres des Compagnies indépendantes commencées ici à Lyon (France) ?
Comment abolir les frontières de la Création ?

Jean-Marc Bailleux

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